lundi 30 janvier 2012

Vroum vroum...

Allez ! Tout de suite une anecdote décoiffante pour bien commencer une semaine qui s’annonce très fraîche. Une anecdote adressée par Mme P. ….

Hello Caroline,

J'ai pour vous une petite anecdote que je trouve bien optimiste :
"Jeudi matin, j'attendais sur le trottoir à Corentin un rendez vous qui se faisait désirer lorsque je croise un ami de longue date ( au lycée Michelet) j'ai connu ce garçon avec des cheveux longs, une queue de cheval ou doté de toutes sortes de coupes et coiffures improbables mais ce jeudi je le vois rasé et le crane comme un œuf.
Il faisait frais et alors qu'il s'était enquis de ma situation je lui fait part de ma frilosité avec mon crane encore dépourvu de poils ... et m'inquiète pour sa santé. Il me rassure en me disant qu'il est habitué et n'a pas froid.
Puis je lui fais part de ma sensation avec cet état "déplumé" en lui évoquant une impression subtil et difficilement descriptible de "confort" , certes peu compatible avec une esthétique féminine ( surtout pour moi qui ai toujours eu les cheveux très longs) mais néanmoins je ressens une sorte de bien être et de liberté avec cette capillarité millimétrée.
Sur ce il me dit qu'effectivement pour lui c'est pareil et qu'il assimile cela à "rouler en décapotable" bref une sorte de luxe... me voici donc plus sure de moi qui roule et vais encore rouler en décapotable quelques mois... cependant aujourd hui je vais rabattre le toit ouvrant afin d'éviter la pneumonie !!!"

 
Voilà Mmes nous roulons donc en décapotable et comme pour tout ce qui nous arrive durant nos aventures retournons les événements à notre avantage ...vroum vroum

Bonne et agréable journée ...

Amicalement

Mme P.

Bonne journée,

CC

jeudi 26 janvier 2012

Un passeport pour Romy ; une passerelle pour ma mère !

Hier, malgré quelques courbatures et une fatigue persistante, je me suis enfin extirpée de ma couette ! Marre d’être au lit ! Marre d’être privée d’énergie. Envie de passer la porte, le porche, et même le pont pour me rendre à Boulogne Billancourt… (Pour ceux qui ne connaissent pas Boulogne est une commune avoisinant Issy les Moulineaux…). 

Quelle aventure !

Prudente, et drôle, Mme P. à qui je venais de confier par mail mes intentions, m’avait juste alerté : « c’est un grand voyage, n’oubliez surtout pas votre passeport ». Elle est vraiment tordante !
Bref, j’avais quand même un but, un but qui m’avait été soufflé dans l’oreille par ma bonne amie V.Z . Le but ? Aller voir en fin de matinée l’exposition consacrée à Romy Scheiner. Ensuite, déjeuner dans un bistrot du coin. Sympa.

Après avoir, accompagné ma fille à l’école, vaqué mollement (c’est mon nouveau rythme) à quelques obligations (papiers administratifs en tous genres), pris connaissance des infos du jour (je le signale car fait nouveau j’arrive enfin à m’intéresser à ce qui se trame dans le monde (très fort pour une journaliste)  et fait quelques pauses, quand même, dans le canapé… mon amie V. Z s’est pointée en bas de chez moi dans sa mini Austin bleue marine aux rayures blanches.
J’ai dévalé l’escalier (non c’est faux, j’ai pris l’ascenseur, un étage tout de même !) et je l’ai rejointe. Puis nous avons filé à Boulogne, comme deux étoiles blondes, sous la pluie…

Romy...

Romy plus délurée...

Tout ce que je pourrai dire sur cette exposition, la beauté de Romy, sa vie, ses amours, ses drames… serait affreusement banal. Je préfère m’abstenir.
Simplement, j’ai beaucoup aimé cette exposition.
J’ai surtout été touchée par ce retour sur ces années 50/60/70/80/90…. Romy toute jeune, charmante, l’air très (trop ?) docile. Puis peu à peu, comme beaucoup de femmes heureusement, plus délurée, avec un pantalon, avec une robe plus légère, avec une cigarette à la main… Et toujours plus belle encore. Avec ce regard bleu intense, ce visage grave et léger à la fois…
Conséquence : j’ai pensé à ma mère. A ma maman. Beaucoup…

Maman...

Romy dans La piscine...

Comme Romy, ma mère est née en septembre 1938. Comme Romy, ma mère avait ce petit côté (d’après les photos car vous l’aurez noté je n’étais pas née) « petite fille modèle », adorable, blonde aux yeux bleus.
Comme Romy, jeune fille, ma mère avait ce genre de silhouette, naturelle, féminine, gracieuse, ses petites robes à fleurs… Comme Romy, ma mère a porté ses premiers pantalons à la fin des années 60, et a aussi fumé des cigarettes !!
Comme Romy, dans le film La piscine, ma mère n’a jamais été aussi belle qu’à l’âge de 30 ans…
Car oui, comme Romy, ma mère était d’une beauté saisissante dont tout le monde (ceux qui la connaissait) parlent encore aujourd’hui.
Moi je la voyais comme une maman. Une jolie maman. Mais étrangement, Romy m’a rappelée ma maman.

Comme Romy, ma Maman est morte très jeune. Plus jeune que Romy même. Mais elle m’éclaire encore, me guide encore... Comme Romy qui touche tant de personnes encore.

La beauté m’a toujours taraudée. Est-ce une grâce ? Une vertu ?
La beauté de Romy est éternelle. Comme ma maman.

Romy solaire...
CC

Ps : merci à V.Z  pour l’escapade.
Pss : séance de sophro comme tous les jeudi. C’était bien.
ePsss : Bonne nuit !

dimanche 22 janvier 2012

Jolies visions…

Inspirez… Soufflez ! Inspirez, gonflez le ventre, le thorax, les épaules… Soufflez ! Ainsi commence chaque séance de sophrologie. Encore que, hier, la sophrologue nous a d’abord lu une sorte de poème, doux et apaisant, pour ouvrir le cours...

La sophrologie est donc basée sur la respiration. D’accord, ça n’est pas un scoop ! Et aussi sur la pensée positive…  Là encore, pas de scoop. D’ailleurs, autant vous le dire tout de suite, y’aura pas de scoop. Aucun scoop ! Non juste une sensation, une émotion à vous partager.

Apprendre à se détendre n’est pas si facile. A se détendre vraiment. A lâcher prise. Juste un peu. Certains, plus habitués, entrainés, ou moins anxieux, y arrivent naturellement. Moi pas.  Bien sûr, je parle de détente profonde. Physique et mentale. De détente profonde à une période de vie toute bousculée.

Jeudi dernier c’était donc ma 3e séance de sophrologie. Et j’ai eu l’agréable sensation de me détendre davantage. Mieux. De me laisser porter par la voix de la sophrologue sans chercher à résister, à m’agripper je ne sais où. Au vide en plus surement. Ridicule !
Bien sûr des pensées parasites m’envahissaient parfois, difficile d’y échapper en seulement trois respirations, mais j’arrivais à les accepter et à me concentrer une fois qu'elles étaient passées…

Après avoir bien gonflé et vidé nos poumons, nous sommes passés à un exercice de pensées positives. Un exercice tout simple que j’ai beaucoup aimé.

Les yeux fermés, comme souvent en sophrologie, une fois tout le corps bien détendu, il s’agissait d’imaginer un obstacle ( à nous de choisir) que nous venions de passer… Pour la plupart d’entre nous, l’obstacle est bien sur  souvent lié à la maladie puisque ces cours restent dispensés dans le cadre de l’association Étincelle pour les femmes atteintes d’un cancer. Bref, il fallait donc visualiser cet obstacle, puis de le dépasser et en imaginant un chemin sur lequel nous étions.
A chacune d'imaginer son chemin, sa route, son sentier... d’y poser son décor, d'y mettre sable, du vent, de l’amour, des sons, des herbes folles, du soleil, de la pluie… d'y mettre des personnages, de l'action... courir, sautiller, gambader, s'abandonner sur le sol... Bref, un exercice simple à réaliser. 

En ce qui me concerne, l’obstacle a été vite vu. C’etait pour moi ces trois derniers mois, avec toutes les étapes par lesquelles je suis passée : l’annonce de la maladie, la maladie, le début du traitement, la chimio, les peurs, mes peurs…  Mais j’ai passé ces trois mois, et, même si le traitement est loin d’être fini, mon premier bilan étant très positif (je réponds bien au traitement), j'ai été, en quelque sorte, récompensée.  

Quant à mon chemin, un sentier côtier, je ne vous dirai pas tout pas ce que j’y ai vu, ni tout ce que j’y ai mis, ni comment la séquence s’est précisément déroulée. C’est trop intime. Mais ce que je peux vous confier, c’est qu’il y faisait bon et beau vivre. Qu’il avait de belles couleurs, de l’eau, de l’air, des vagues, et surtout ceux que j’aime le plus : ceux avec lesquels j’ai encore ma vie à faire… mais aussi, ceux qui ne sont plus présents sur la terre mais qui semblaient virevolter autour de moi, m’encourageant à bien rester sur le chemin…

J’ai aimé cet instant là, salvateur. Je me suis sentie profondément en paix. Au calme.

oui encore une photo de mon chéri ...

En plus du chemin, il fallait laisser venir un mot, et l’écrire virtuellement sur son front. C’est le mot « bonheur » qui m’est venu. Mais aussi le mot « sourire ».

Ces visions, très douces, très belles, très jolies... m’ont portées (et me portent encore aujourd’hui) pendant ces jours « post-chimio » pas marrant . Ces jours où tout semble vous quitter : l’énergie, la joie. Ces jours interminables où la fatigue l’emporte sur tout…Ou l'on a en plus on a peur de décevoir, de lasser ceux qui vous entourent. Ceux qui vous aiment.

A la fin de la séance, les femmes présentes pouvaient partager leurs ressentis. Toutes semblaient avoir repris un peu de forces pour continuer sur la voix de la guérison.

C’est bon de respirer !

CC

Ps : des nouvelles d’Adeline ?
Pss : Mme P. , elle, continue a emmagasiner des forces. Ses traitements lourds sont enfin finis. Je sens qu’elle va à nouveau foncer à grandes enjambées dans la vie !!

lundi 16 janvier 2012

Des femmes et des dieux !

J’ai envie de commencer ce p’tit billet par une pensée pour Adeline (du Jura) qui doit encore passer quelques jour à l’hôpital suite à son intervention. Une intervention « risquée » puisqu’il s’agissait de l’opérer d’une tumeur dans le dos après plusieurs cures de chimio, en faisant bien attention de ne pas toucher des zones sensibles (moelle épinière etc…).
J’avoue avoir une admiration toute particulière pour Adeline. D’abord parce qu’elle ne lâche rien. Elle continue à se battre alors que ça n’est pas sa première épreuve face à la maladie. Ensuite parce qu’elle a une petite fille de 17 mois. Comment y être insensible !!??

Maman…



J’ai perdu ma mère, accidentellement, à l’âge de 7 ans, et, croyez-moi, je ne souhaite à aucun enfant d’être arraché à sa Maman trop tôt. Une mère est irremplaçable. Une mère est vitale. C’est la pièce maîtresse du début de puzzle de chacune de nos vies. C’est l’empreinte. C’est la mémoire. C’est l’Amour. C’est le cordon, le lien, le corps où l’on désire se pelotonner dès son premier jour, souffle, et jusqu’au dernier si c’était possible.
C’est la beauté, la fierté, l’exemple… Et même si les mères sont toutes imparfaites, heureusement, elles sont uniques, magnifiques, magiques.

(Re) Maman…

Mère et fille...

Depuis que je suis « malade », je n’aime décidément pas ce mot, je pense très souvent à ma Maman. Où qu’elle soit, dans le ciel ou ailleurs, dans mon cœur ou dans un coin de mon âme, je lui demande d’être là. De me protéger. De me bercer encore un peu. De m’apaiser. De me garder dans ses bras mais de me laisser en vie sur la terre pour que je continue, moi aussi, à mon tour, à protéger ma fille. Mon enfant.

Certains, et pas des moindres, des Grands Hommes, des Sages mêmes, prétendent que les enfants ne nous appartiennent pas. Qu’ils appartiennent à la Vie.... Bien sûr. Surement.  Les (nos) enfants ont des ressources pour survivre et même se frayer un chemin dans des pays où des périodes (guerres etc…)  difficiles… Mais en attendant, nous les mères, nous préférons penser qu’ils ont besoin de nous. Besoin d’être aimés, chouchoutés, soignés, distraits, élevés…par NOUS !!  Oui, c'est vrai, nous sommes aussi un peu prétentieuses (Si, si). Et alors !!??  Nous pensons, c'est vrai, que personne ne pourra aimer nos enfants mieux que nous... Point. Et pas à la ligne. Un point c'est tout !!

Courage Adeline. Et encore bravo !

CC

Ps : j’avais quelques examens de passage à Curie ce matin. Les résultats sont encourageants. Je n’en dirai pas plus précisément (hors de question d’entrer dans les diagnostics etc…, sur ce blog) mais disons, que même si la route est encore longue, le traitement semble efficace. Pour le moment.

Pss : mon jeudi chimio est avancé à mercredi. Exceptionnellement ce sera donc un mercredi chimio. Je file donc de ce pas chez l’As de piques pour limiter les dégâts… Limiter quelques effets secondaires…

Psss : un grand MERCI à tous ceux qui sont venus tirer les rois samedi... Un bon moment pour nous qui fait chaud au coeur pour longtemps...




vendredi 13 janvier 2012

Minis brèves …

Lundi, mardi, mercredi…
Pas dit grand chose ces derniers jours. Pas trop de temps ou trop de temps. Pas grand chose à dire surtout. Un peu repliée, un peu triste, un peu chagrin quoi... alors, j’ai préféré attendre l’éclaircie.
Et l'éclaircie est venue ! Le vent a tourné ; le ciel s’est dégagé. Mon moral est alors remonté jeudi, mécaniquement, comme une vieille pendule. Bon d'accord j’ai peut-être été un peu aidée par mon passage à Etincelle où j’ai pu me confier et respirer pleinement (cours de sophrologie)….
Bref, j’ai à nouveau pu profiter des moments simples mais bons : les sourires de ma fille, les bras de mon chéri, les bonnes soupes aux légumes, et toutes ces sortes de choses...



sourire d'été....

Jeudi…
Enfin des nouvelle Mme P ! Rentrée de l’hôpital, ou plutôt sortie, elle se rétablie tranquillement chez elle après une opération qui s’est bien passée. Forcément, confiée aux mains de son bon et beau chirurgien italien... elle ne risquait rien, à part une invitation à partager un plat de pâtes prochainement… ( !)


Seule Mme P. a la recette...
Vendredi
Nouvelles allergies ce matin qui m’ont values une visite non programmée à Curie, histoire d’avoir les bonnes recommandations médicamenteuses pour passer le week end tranquillement…  Sinon, bonne forme et bon moral.

Demain
Comme c’est mon week end « forme », nous avons invité quelques amis et cousins que nous aimons à la maison pour tirer les rois… !! Donc un peu de préparation… Si, si… Et du suspens… Pour qui la fève….???

Une bonne nuit et à demain,

CC

lundi 9 janvier 2012

Parce que je le vaux bien !

Quand j’ai su que j’avais un cancer, que je n’échapperai pas à un traitement assez lourd et que mes cheveux ne résisteraient pas longtemps, je n’ai pas bronché.
Étrangement, peut-être parce que sur ce seul aspect j’avais l’impression de pouvoir agir, je me suis très vite rendue avec une bonne copine dans une boutique spécialisée pour essayer des bonnets en coton pour la maison, des bonnets polaires pour sortir dans le froid et surtout : une perruque !!
C’était début novembre, avant ma première chimio.

Sur place, j’en essayé plusieurs : des rousses, des blondes, des brunes, des longues, des courtes, avec ou sans boucle… Avec le recul, j’ai plutôt passé un bon moment, comme une petite fille qui se déguise sous les yeux amusés de sa copine.
Orientée par la vendeuse et surtout A.O, mon amie qui a du goût, j’ai fini par ressortir avec une perruque blonde, de bonne qualité, assez proche de ma coupe et ma couleur initiale… A quelques nuances près.

Une fois à la maison j’ai posé la perruque comme indiqué sur son portant. Et quand, très vite après la première chimio, mes cheveux sont tombés, j’ai boudé cette espèce de tignace blonde dans mon placard. J’ai bien tenté de la porter 30 secondes sur ma tête, mais je ne m’y faisais pas. Ca n’était pas moi.
Aussitôt je la renvoyais dans l’armoire, et préférais mes p’tits bonnets… Même le soir de Noël !

pour l’anecdote…

A propos de perruque, C.H, une jeune femme elle aussi atteinte de cancer, avec laquelle j’échange volontiers depuis quelques mois, d’autant qu’elle a des préoccupations similaires, (un enfant du même âge que ma fille), m’a dit : « Moi la première fois que j’ai porté ma perruque, j’avais rendez-vous à la banque, et j’ai eu l’impression de faire un casse ! Depuis, je ne l’ai plus jamais remise. Ca n’était pas moi ! C’était l’été, j’ai préféré porter des bandeaux ou foulards colorés et sympas !! »

quel look !

Tout a basculé jeudi dernier, à mon dernier cours de sophrologie proposé par Etincelle.
Parmi les femmes présentes, deux semblaient particulièrement jeunes. A peine trente ans. Toutes les deux portaient, semble t'il, une perruque. Semble t'il, car si elles n’avaient pas fait parties de l’association, je ne me serais posé aucune question. J’aurais même parié qu’il s’agissait bien de leur chevelure. D’ailleurs, pour être honnête, j’ai pensé qu’elles n’avaient pas commencé la chimio...

vendredi soir...

c'est moi !

Vendredi, nous sommes invités, mon chéri, ma fille et moi, à diner chez une cousine où une trentaine de personnes sont également conviées.
Assez en forme, je m’habille, porte un pull over que j’aime, choisi une paire de boucles d’oreille, et tout d’un coup, allez savoir pourquoi, j’ai sors ma perruque, je  mets sur ma tête, me coiffe, enfin la coiffe, et… je me sens bien. BELLE ! JOLIE ! PAS TROP MOCHE QUOI !!
En arrivant, tout le monde est bluffé. Ceux qui m’avaient déjà vue avec mes bonnets me trouvent « canon » !! Ceux qui ne m’avaient jamais vue depuis tombent dans le panneau et me trouvent juste « super en forme » pour quelqu’un en cours de traitement.  Blonde avec en plus une taille mannequin (enfin mes petits kilos en moins..), non franchement … bien joué !
Je sens surtout que mes nouveaux cheveux font du bien à mon chéri. J’ai l’air différente. Moins « malade ». Ca lui fait du bien. Comment j’ai pu ne pas le comprendre plus tôt.
Ce soir là je me sens à nouveau plus femme à côté de lui. Plus désirable. Plus heureuse. Pour lui. Pour moi. 


Une belle blonde sur le marché...

Eh bé ! Depuis vendredi soir, depuis que je porte ma belle perruque blonde, je fais sensation ! Si, si. Dans la rue on me repère d’un peu plus loin ! Faut dire qu’une « blonde », bien blonde, impeccablement coiffée (car je n’ai rien à faire, la coupe est moderne et parfaite) qui déambule dans le froid, sans bonnet (car oui, entre le bonnet et la perruque il faut choisir sinon c’est compliqué), emmitouflée dans une longue doudoune, ça se passe pas inaperçue !!
La preuve, quand j’arrive dans le bistrot où j’aime bien prendre mon café, je sens le regard du serveur aimable sur moi. Pareil quand je fais une halte au kiosque à journaux. Non franchement, ce matin, les hommes me portent un œil bienveillant ! C’était moins le cas quinze jours auparavant. Quelque chose a donc bien changé !

c'est encore moi !

et surtout une bonne santé !

Sortie du café, je fais la queue au rayon fromage. Devant moi une dizaine de personnes, composée d’un ou deux couples avec de jeunes enfants, mais surtout, d’hommes ou de femmes un peu plus âgées, avec leur vieux cabas et leurs habitudes.
Derrière la vitrine ambulante, deux fromagères, souriantes et commerçantes.
-      - Et pour monsieur V., qu’est-ce que ce sera ? J’ai un bon Saint- Marcellin aujourd’hui ! Ca vous dit - Oui, oui, pourquoi pas. Et puis des œufs, oui, du râpé, puis des St Malo. Et puis vous me mettrez un petit pot de crème fraîche.
-    - Parfait, voilà ! Allez, bon dimanche…Et puis une bonne année !  Et surtout, hein, Monsieur V, une BONNE SANTE !!
-       - Ah ça oui ! Merci ! Pareil pour vous ! C’est le plus important la santé !! Car là, hein, ça va encore… quelques rhumatismes, mais rien de méchant… Allez, bonne journée à vous et bon dimanche aussi !!
-      - Et pour Madame, qu’est-ce que ce sera… (blablabla). Et puis une bonne année, et surtout, hein, une BONNE SANTE !!
-      - Oui merci… Vous savez que ça a été dur cette année !! L’opération de ma hanche, puis mon zona … mais  là ça va mieux… C’est mon mari qui a dû mal à se remettre de son pontage. Le second vous savez…
-      - Bon, bon… En tout ca pour vous, faut continuer à manger du calcium ! C’est bon pour les os ! Allez, à dimanche prochain !
      Mon tour arrive.
      Et pour vous ? Qu’est ce que ce sera ? Et la jolie petite fille, elle veut gouter mon bon fromage ?
-         - Oui ! Ma fille répond toujours « oui ».
-       -  Pour moi ? Eh bien, des œufs bien frais, un morceau de comté, …
- Ce sera tout ?
- Oui, tout pour aujourd’hui !
Elle griffonne l’addition sur un bout de papier puis me regarde avec un francs sourire :
- Dix euros s’il vous pait !? Bon et puis laissez-moi vous souhaitez une bonne année. La SANTE aussi, mais VOUS ça va !  Vous êtes resplendissante !!
- ....
-         Surprise, heureuse et triste à a la fois, je ne sais pas quoi répondre. Je bredouille juste :
-       Merci, c’est gentil… bon dimanche ! Ma fille, elle, a l’air toute contente, fière de sa maman.
-       T’as vu Maman, tout le monde te trouve très belle avec tes nouveaux cheveux.

     Je comprends alors que ma fille me préfère aussi avec des cheveux !! J’ai donc décidé d’adopter ma perruque ! D’adopter ma nouvelle tête.

à chacun son style...

Bonne nuit !

CC

Ps : pas de nouvelle encore de Mme P.
Pss : petite forme aujourd’hui. J’ai passé du temps sous la couette.