vendredi 18 novembre 2011

Zut on va rater l’avion !

Apprendre à vivre au jour le jour, parce qu’on y est tout d’un coup forcé, est une véritable aventure. Une épreuve. Un chalenge. Un combat même. A côté, Koh-Lanta, Pékin express, c’est de « La pouët » comme dirait Mamie Lulu, la maman de mon chéri.
Pourtant, dans bien des pays beaucoup d’hommes vivent comme ça. Au jour le jour. Jour après jour. Fatalité, spiritualité, inutile d’aller chercher plus loin. C’est comme ça. Comme le Cancer. C’est comme ça. C’est là. Faut faire la pause. Faut se soigner. Passer les caps, un à un (l’annonce, le bilan d’extension, les examens plus ou moins faciles mais indispensables). Livrer son corps aux mains des soignants pour mieux le délivrer. Passer les jours. Espérer guérir. Espérer tout court. Tenir.

Mais pour nous, vivre vraiment au jour le jour c’est plus difficile. On aime, et on à aussi besoin de se projeter. D’imaginer l’avenir. De construire son nid, une fois, deux fois, trois fois, même plus parfois.
De la même façon, on éprouve l’envie de s’échapper, de partir en vacances !! Partir parce qu’on pense qu’on l’a mérité (si, si on a bien travaillé) ! Partir parce qu’on est curieux,  parce qu’on veut voir ce qu’il se passe de l’autre coté de la terre… Partir sous l’eau, sur l’eau, partir camper, partir très haut, partir très chaud (sous le soleil).

Voyages...

Après le retour de nos vacances d’été, mon chéri et moi avions pris, ce qui est rare, pas mal d’avance sur nos « projets vacances ». Nous avions donc déjà réservé, ce qui n’est pas si simple, car cela demande un peu de temps, d’énergie, de concentration, de synchroniser tous les agendas (le sien, le mien, les vacances scolaires de ma fille), nos vacances de Noel, et celles de Février.

Pour Noël, nous avions réservé cinq jours de VACANCES à Marrakech. Cinq jours avec ma fille, la fille de mon chéri et moi. Cinq jours pour redécouvrir cette ville et cette région que nous connaissons déjà mais que nous adorons…Cinq jours pour boire du jus d’orange, manger du couscous, s’enfoncer dans les souks, respirer les épices, regarder le croissant de lune au-dessus de la Koutoubia depuis la terrasses des riads en buvant un thé à la menthe avec une corne de gazelle… Sentir les vibrations de la place Jemâa-el-fna… Remonter la vallée de l’Ourika...
Ensuite nous pensions fêter Noël dans la famille de mon chéri (région nantaise), puis celle du père de ma fille (Normandie).

Voilà pour Noel. Et pour février ? Nous avions réservé 12 jours, voyage compris, sur une ile un peu lointaine. Nous avions un peu cassé la tirelire, pensant -mon chéri se levant tous les matins à 3h pour aller animer deux heures antenne à la Maison de la radio- qu’il fallait couper l’hiver. Prendre le soleil. Aller plus loin...

Ensuite, mais ma fille est encore un peu jeune pour cela, nous voulions partir au Costa-Rica, découvrir la faune et la flore…Bref.

Annulation voyage…

La semaine dernière j’ai appelé les deux agences de voyages. Nous avons tout annulé. Certains voyages seront remboursés, nous avions pris une assurance annulation (si ma fille avait l’appendicite ou une bricole du genre...). Pour le Maroc, pas de bol, pas d’assurance, c’est de notre poche.

La maladie bouscule tout. Elle fonce comme une boule dans un jeu de quille. Sème la pagaille, le désordre. Alors à soi, à nous, de tous reconstruire. Autrement.

D’accord, les vacances, ce sont un peu des « soucis de luxe ». Mais quand même. C’est bon à prendre non !?
Oui peut-être un petit coup de blues ce soir. Triste de ne pas décoller cette année. Triste de ne pas faire découvrir à ma fille, en âge de comprendre d’autres modes de vie…

Mon chéri lui dit que : "nous voyagerons deux fois plus l’année d’après". Je l’espère. Je me sens aussi tellement coupable de leur imposer un rythme que nous n’avions pas choisi.

Mais la vie est ainsi. Imprévue. Toujours imprévue.

Alors comme je n’aime pas finir sur une note trop mélancolique, deux petites photos de vacances...




 Ma fille à la plage...



Plein soleil à Marrakech... 



Sortir du nuage...            
A très vite,
CC

PS : Si vous avez des idées, des bons plans week-ends en France…Même Orléans, Châteauroux, Vierzon, Reims, ou Lille feront l’affaire (!!!) N’hésitez pas... Ou de bonnes lectures en poche.... Pour  apprendre à s’évader… Autrement. 

jeudi 17 novembre 2011

Une soupe et au lit !

Désolée, ce soir, je me mets en mode pause… 

Nonobstant, je vous rassure, la journée a été bien moins pire que redoutée... Médecins et infirmières, adorables. C'est juste l'attente qui est très longue. L'attente entre les consultations, l’attente pour avoir un lit ou un fauteuil de libre, l'attente pendant le traitement. 
A l'Institut Curie, les patients sont évidemment nombreux. Mais tous calmes, aimables, discrets, solidaires.

J'ai passé sur 8 heures sur place. La première fois les passages des produits (chimio etc..) sont plus longs. Au départ, vous êtes très surveillé pour vérifier et prévenir tous les risques (allergies, tolérance, etc…). Donc, ouf et re-ouf, tout s’est très très bien passé.

Retour à la maison…

De retour à la maison je me sens juste un peu flagada, avec tout un tas de médicaments à prendre et quelques soins tout bêtes mais nécessaires à faire. Je n’ai donc qu’une seule envie : une soupe et au lit ! 

Pas d’effet secondaire pour l’instant. Même si j’en avais je ne vous le dirai pas. Inutile car secondaire en effet (!!). Et ça n’est pas l’objet de ce blog.

Alors juste ces deux images pour me, et vous (je l’espère), détendre… La première m'a été adressée par Madame P., une alliée de plus en plus précieuse pour moi, vous l’aurez compris. Elle est tellement amusante :-))




La seconde de mon chéri, une libellule bleue :  fragile, belle et légère (regardez ses ailes), pour s’envoler, puis se poser, puis s'évader à nouveau. Comme nous, dans la vie.



Je vous souhaite une bonne nuit avec l'envie ce soir de tous vous embrasser très fort ...
CC

mercredi 16 novembre 2011

CC la chenille…

Depuis que j’ai appris la « mauvaise nouvelle », je m’emmitoufle.
Je me méfie de l’hiver, du froid, de la pluie sur ma tête…
Avant, tout ça, je m’en fichais. Attraper un rhume, une sinusite, une trachéite, une bronchite… bah, même pas peur !
Nez bouché ou non, j’allais toujours travailler, et, comme tout le monde (à la même saison), à l’immanquable question devant la machine à café :
 - Ca va toi ?
- Oui,oui, je che chui juste un peu enrhumée / j’ai un peu mal à la gorge / aujourd’hui je ne t’embrasse pas je tousse un peu…/ mais ca va… 
- Et toi ? La forme ?
-  Bof, pareil. J’ai pris froid hier. En plus j’ai mal dormi. Blablabla…

Alors qu’est-ce qui a changé ?

Je consulte toujours le ciel le matin. Je prends toujours les températures du jours (minis et maxis), sur mon i.Phone pour la journée. Seule différence, je me couvre davantage. Oui, je m’emmitoufle.
Mieux que cela, je réfléchis à la façon dont le vais m’habiller. Je mets des chaussettes plus chaudes, plus hautes. J’enfile  un tee-shirt avec des manches longues (avant j’aurai détesté ça) sous mes pulls. Je choisis des gros pulls, de préférence à cols roulés.
Pire, je porte un bonnet quand je sors dehors pour couvrir mes oreilles. Un bonnet, qui, rendez-vous compte, ressemble à un « pot de chambre » d’après V., une bonne amie qui a quand même traversé la rue pour aller au resto hier avec moi. Preuve de son amitié ( !)

Non, le froid (comprenez les microbes, les virus…) ne passeront pas par moi !! Ce n’est pas le moment de m’affaiblir. Je suis assez malade comme ça, même si ça ne voit pas.

Car évidemment ça ne se voit pas…

Imaginez-moi ce matin, si je n’étais pas en arrêt maladie, à la machine à café, posant la même question à une collègue… Pas une intime, une collègue.
-       - Ca va toi ?
-       - Oui, j’ai le nez qui coule mais ça va. Un bon rhume quoi…
-       - Ah oui ça s’entend, tu crois que tu va pouvoir mixer ton sujet avec ta voix cassée ?
-       - Bé j’espère, j’ai deux sujets à rendre pour le journal du soir. Et toi ca va ?
-      -Pas de soucis. Bonne voix, bonne respiration… Non, non, juste un petit cancer. A part ça, la pleine forme(!!)
-      -  ….

Douceur et matières…

Bon bref, juste pour vous dire que oui, j’ai besoin de prendre soin de moi. Et pas seulement de me couvrir. Les matières comptent aussi. Je recherche la douceur, la qualité (genre cachemire, laine irlandaise, coton 100%,..). Je m’attache aux couleurs. Douces aussi. Surtout pas d’agression. Pas de rouge vif ni de bleu électrique. Non, du blanc, des crèmes, des gris, des bleutés, des roses pales ou des couleurs chaudes, rassurantes : chocolat, bleu marine, gris anthracite. Des matières et des couleurs qui vous enveloppent bien. Vous protègent.

Oui à la veille de ma chimio, je m’emmitoufle. Comme une petite chenille, je fabrique mon cocon.

Mais ce que j’ai mis de plus beau, de plus fort, de plus précieux à l’intérieur de mon cocon ? C’est l’Amour. L’Amour de mon chéri, de mes proches, l’affection et la présence de mes amis. Ah les jolies matières. Les plus belles. Les plus pures. Les plus tendres.
Alors, de toutes ces matières, je badigeonne mon petit cocon au moins trois fois par jours. Surtout le matin. Après seulement je m’habille. Pour ne pas prendre froid.

CC

En prime, la photo d’un soir d’un été pour oublier l’hiver... Oublier demain. Mon jeudi chimio. C’est Fz, mon chéri qui l’a prise.


mardi 15 novembre 2011

Etincelle …c’est le pied !

Non, non, toute la lumière du ciel n’est pas tombée sur moi cette nuit. Mais j’ai eu droit à une étincelle. Une belle étincelle. En plein jour…
Je m’explique : « Etincelle », c’est le nom d’une association dédiée aux femmes atteintes d’un cancer. Pour la région Ile-de-France, les locaux sont basés à Issy-les-Moulineaux. Ca tombe bien. C’est ici que j’habite. A Issy. Aussi (!)

La vocation d’Etincelle ? Apporter un soutien psychologique, donner des conseils (nutritionnels, soins du visage, etc…), proposer des séances de réflexothérapie, sophrologie… Des groupes de paroles etc… Bref, je ne vais pas vous faire l’article, pour en savoir plus, allez donc sur le site.
Je précise, et là, c’est la journaliste qui parle (carte de presse N°74419  c’est dire si je m’engage) que cette association est considérée comme très recommandable par tous les établissements compétents en cancérologie, dont l’Institut Curie. C’est d’ailleurs par ces biais là que je m’y suis rendue.

Première impression…

La première impression est souvent la bonne… Et là, elle fut très bonne. Déjà, après ce genre d’annonce (apprendre qu’un nouveau et très très très méchant compagnon loge en vous), vous vous êtes touché quand quelqu’un vous accueille, vous propose de vous asseoir dans un petit coin feutré, doux, vous offre un thé, des petits gâteaux, vous laisse le temps de prendre vos marques avant de vous poser la moindre question. C’est un peu comme là-bas (si vous êtes allés en Afrique du Nord. D’abord, on se pose. « Tu veux du thé ? Et la famille ça va ? ) Bref, on prend le temps… On a du temps…Et après, alors, on peut parler. Ou pas.

A côté de vous d’autres femmes sont là. Feuillettent des magazines ou discutent entre elles. Il y a de la sérénité dans l’air.  Des sourires légers. Incroyable mais vrai.

Un peu plus tard, Amélie la directrice me reçoit. Alors on parle. On dit ce qu’on veut. Comme on veut. Parce qu’au début, comme moi, avant le traitement, on est encore souvent, un peu, beaucoup, totalement… émue.

Et puis très vite, on comprend que toutes les femmes qui sont présentes (ou presque toutes), sont passées par là. Par le cancer, par la chimio, la radiothérapie, par toutes ces étapes… Certaines sont en cours de traitement… D’autres en sont sorties, comme la directrice pimpante et toute jolie dans sa petite salopette bleue.
Et vous savez quoi ? Les voir comme ça, assez ou très en forme, ça vous met du baume au cœur. Mieux que ça : ca vous re-propulse dans la Vie !!

Premier soin…

Aujourd’hui, pour moi, à l’association, pour me détendre à j-2 de ma première chimio : séance de réflexothérapie. Le pied !
Pendant ¾ d’heure une jeune femme a pris soin de moi (encore Moi, on est très « Moi » quand on tombe malade, mais bon faut bien s’occuper de soi). Bref, elle s’est occupée de moi, de mon corps. A tout détendu, fait circuler les énergies, massé mes  voutes plantaires… Puis j'ai respiré. Calmement. Lentement. Longtemps. Le temps… J’avais LE TEMPS.

Elle m’a aussi rassurée : 
- Vous avez un sacré tonus vous ! 
- Ah bon !? 
- Oui, ça je vous l'assure. 
- Tant mieux ! Si ça peut m'aider à guérir...

Et puis là-bas, en buvant le thé, j’ai aussi rencontré Madame P. Une femme amusante, élégante, cultivée…  On a parlé théâtre, ciné, restos… nous avons même échangé nos mails... Mais cette femme, (comme les autres) m’a surtout donné du courage. Un plein de courage.
Merci à vous toutes. Et surtout à très vite !
CC
Ps : Ce matin, à la sortie de l'entrée à l'école de ma fille (hé vous suivez)...j’ai pris un café avec une voisine que je ne connaissais pas. J’avais LE TEMPS. Elle m’a parlé d’elle (un peu). Avant elle n’osait pas. Puis le temps, on ne l’avait pas non plus !! Moi qui avait peur de m’embêter, à cause de mes petites habitudes perdues… J’avoue : j'ai passé une bonne journée. Appris beaucoup. Même si, c’est vrai, j’ai encore un peu, beaucoup, pas mal peur de mon jeudi. Mon jeudi « chimio »…

Petit bonus, cette fausse pub qui m’a été adressée par Madame P. (à consommer sans modération)

lundi 14 novembre 2011

L'arrêt de travail

D’habitude…

D’habitude à 7h pile mon réveil sonne : lalalalali, lalalalala, lalalalou… Bé non c’est pas « Dring » parce que c’est le mode « guitare rythmique » sur l’i. Phone (Bien mieux).
Vite je me lève. Vite je mets l’eau à chauffer. Je sors le lait (pour ma fille), le jus d’orange (pour ma fille), le chocolat (pour ma fille), le café…pour moi !
7h12 je réveille ma fille…On prend le petit dej ensemble. Puis je prépare ses habits. Elle les mets pendant que je fais ma toilette, me maquille, tout ça…
7h40, mon chéri rentre de la radio où il travaille. Vite (personnel).
7h45 Vite on brosse les dents…
7h50 Vite on appelle l’ascenseur… -2, c’est le parking. Vite on saute dans la voiture. Youpi, on n’a pas oublié le cartable. Vroum, vroum… Clap, clap (bé oui on tape dans les mains pour ouvrir la porte automatique de l’entrée du garage. Ca ouvre. Magique. Comme le père Noël même si ma fille n’y croit plus.
Vroum, vroum. Quelques centaines de mètres. Je m’arrête. Je dépose ma fille à l’école un peu avant l’heure, à la garderie. Vite un bisou. Vite encore un bisou. Non un câlin. Je pars. Ma fille m’adresse un dernier bisou (qui vole) à travers les vitres. Je la regarde. Elle me regarde. Sourires... Encore un petit signe de la main de ma fille. Tout mignon. Puis… vite je retourne dans ma voiture.
7h58 : vite je mets la radio. Je zappe un peu sur RTL, Europe 1 et Inter, ça dépend des sujets et des invités. Je passe un feu, puis deux. J’arrive à l’entrée du périf. Si porte de Sèvres à porte Maillot affiche 8’, go. Sur le périf. Si le temps de parcours est supérieur à 12’ je prends les maréchaux…
8h20/8h30 j’arrive à M6.
J’y arrive tôt pour ne pas non plus rentrer trop tard.
J’allume mon ordinateur.
Je prends mon premier (enfin second café) avec A. (sauf quand elle est en RTT). Je papote un peu avec V. une lève tôt. Je lis (rapide) les journaux… j’aime bien tous ces petits moments, où l’on se plaint un peu (le temps, trop chaud, trop froid), on se confie (ton fils, ma fille), on parle chiffon (ton pull, mes bottes)… Puis la journée de travail commence vraiment.
Mais c’est…D’HABITUDE.

Mais D’HABITUDE, c’est fini ! L’arrêt de travail a tout perturbé. Mon réveil sonne plus tard (un peu plus tard) mais le chat lui miaule toujours à 7h car il veut ses croquettes.
J’accompagne ma fille à pied (pourquoi prendre la voiture, j’ai rendez-vous plus tard. Ou pas rendez-vous du tout).
Devant l’école, les parents ont l’air pressés. Garent leur voiture un peu n’importe comment, adressent un dernier petit geste à leur bambins, allument la radio (j’en suis sure) ou foncent vers le métro. Rallent un peu, attendent les vacances… Surement. Mais ils marchent droit. Sont bien coiffés, habillés, cravatés, âpretés (pour les femmes). Sûr, ils ont quelque chose à faire. Une mission à accomplir…

Depuis 3 semaines… JE LES ENVIE !!!!

Moi quand je casse les habitudes, d’habitude, c’est pour les vacances…
Je me rends compte alors que non seulement j’en avais pas mal des habitudes…mais que, je les aimais bien aussi mes p’tites habitudes.
Il va falloir m’en créer d’autres.
Vous avez des idées ?
Bonne nuit !
CC
Ps : première cure de chimiothérapie jeudi. 5 autres suivront.


dimanche 13 novembre 2011

La chance...

Tout bien considéré j'ai quand même un peu de la chance. Si,si… !!

Primo, je suis dans un pays où les médecins sont prêts à tout pour me soigner. Peut être même (zont intérêt) à me guérir….Et tout ca : c’est cadeau ! Enfin, gratuit. GRATUIT Madame. Et ce n’est pas une blague. Bon d'accord j'ai un peu cotisé. Mais pour plus tard. Enfin c'est ce que je pensais...

Deusio, résidant aux portes de Paris je suis prise en charge dans l'un des meilleurs instituts européens spécialisés en cancérologie : l'Institut Curie.
De plus, j’y ai quelques connaissances… Ce qui m’évite de me perdre trop longtemps (surtout au début) d’un hall à l’autre. Enfin, de m’y perdre. Et de me perdre aussi.

Tertio, je travaille (enfin je travaillais) dans une grosse entreprise, une grande chaîne de télévision. Le genre de boite qui, au bout de quatre mois d’arrêt de travail, fait en sorte de maintenir votre salaire le moins bas possible. Bien sur vous y perdez un peu, mais moins qu’ailleurs. Parce que la Sécu, ça ne suffit pas forcement à garder l’équilibre du porte-monnaie…Si vous voyez ce que je veux dire.

Bien sûr, passé le grattage, même au tirage, toutes ces chances ne m’ôtent ni ma peine (immense), ni mes peurs (indomptables, pires que des fauves). Mais, elles me donnent quelque chose en plus : l’Espoir. L’espoir de guérir. De vivre.

Ce soir je ne peux m’empêcher de penser à tous ceux qui n’ont pas la chance d’avoir accès aux soins facilement. Faute d’argent ou parce qu’ils sont nés ailleurs. J’y pense fort. J’y pense vraiment. Je pense à mon indifférence. Avant d’avoir si mal moi aussi. Mal à mon corps.

Alors… quand je serai guérie (sur le ton de quand je serai grande) je changerai bien le monde… Même si je ne ferai pas. Car je suis déjà grande. Mais je vais y réfléchir… Un peu. Quand même.

En pleine crise de foi du « Moi », mon pays serait-il plus solidaire qu'il en a l'air ? C’est vrai qu’il déploie tous les moyens possibles et inimaginables pour sauver la vie d’un homme, d’une femme. D’une Maman. Et croyez moi, c'est bon. Infiniment bon de se sentir soutenue dans cette traversée, comme l’a appelée Bernard Giraudeau.

J'ai une petite fille à élever (7ans). Son papa est mort il y a 3 ans. Je veux la voir grandir. Je veux l'aimer encore. Longtemps. Je veux l'entendre dire "maman". Longtemps. Très longtemps. Alors, oui : l'espoir fait vivre !!! Trois fois Oui. Merci Docteur. Merci la France. 
CC
PS : demain je passe une partie de la journée à Curie.

vendredi 11 novembre 2011

Bienvenue !

La nouvelle est tombée comme ça, à 9h47 : « Madame, les cellules qui ont été prélevées le 21 octobre lors de votre biopsie sur votre sein gauche sont cancéreuses. De types, xyaxnabbeioosssssssssoozzzz (j’ai rien compris). C’est un cancer très actif mais nous avons un traitement ».
Je regardais le visage de l’oncologue. Une femme. Une femme comme moi. Peut-être un peu plus jeune. Sans doute une mère de famille. Comme moi encore. Pourtant, une seconde a suffit pour nous séparer. Elle : invincible, belle et crédible dans sa blouse blanche… Moi : fragile, sidérée, muette dans mon joli petit pull blanc en cachemire. Sur mon visage, les larmes coulaient déjà. Je n’entendais plus rien. Ne comprenais plus rien. Je sentais juste la main de ma meilleure amie se poser sur mon genou. Si je la sentais, c’est que j’étais encore en vie. Plutôt bon signe. Puis je retournais d’où je venais. Une salle d’attente où d’autres femmes attendaient comme moi. Attendaient leur tour.

Des épreuves j’en ai déjà traversées. Et des pas faciles. Mais celle ci me paraît plus dure encore. Journaliste de profession, je voudrais écrire ce blog pour partager avec celles (et ceux) qui le souhaitent quelques unes de mes (nos) émotions, avec un seul but : nous soutenir. Nous encourager. Nous donner des petits conseils… Nous faire du bien. Nous chouchouter. Qu’en pensez-vous ?
CC

PS : « Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort ». Jamais cette phrase de Friedrich Nietzche n’a autant résonnée en moi. Est-ce que le (mon) cancer peut me rendre plus forte? C’est la pensée du jour.