samedi 20 octobre 2012

Mini brèves d'Issy et d'Ailleurs...



la salle Coquelicot sans coquelicot...

Ce matin j’étais à l’institut Curie pour mon avant dernière cure en mode chimio. YES !!

Installée comme dans les films américains, sur un grand fauteuil télécommandé au beau milieu d’un open space étrangement appelé salle « coquelicot », j’ai fait comme chez le coiffeur : j’ai pris un magazine au hasard, j’ai tourné les pages au hasard, et, à la vitesse de Felix Baumgartner, je me suis retrouvée propulsée à des milliers de kilomètres de ma perf.... J'étais précisément à l’intérieur d’une maison de rêve, avec un canapé rouge dans le salon, des housses de couettes multicolores dans les chambres, des serviettes de bain bleues dans la salle de bain, des larges lattes de chêne au sol... le tout planté au-dessus d’une mer bleu azur… Juste trop bien cette évasion !

2 trucs simples anti-stress... 

Pendant ma lecture une aide-soignante s’est approchée de moi avec son chariot. Comme il était encore tôt, elle m'a proposé un café et donné le choix entre 1 madeleine, 2 galettes St Michel ou 3 p’tits beurres. J’ai hésité entre la madeleine et les 2 galettes. Finalement j'ai pris les 2 galettes. 
Miam, c'était bon. En mode chimio je suis un peu "régressive. J'ai envie de me faire dorloter. Envie  d'ouvrir le papier transparent qui entoure les gâteaux et aussi de le froisser pour faire un peu de de bruit avec, envie d'allonger mes jambes et de montrer mes chaussettes...

Une heure plus tard une infirmière est venue me libérer. J’ai quitté mon fauteuil. Pas mécontente.

En partant j’ai jeté un regard furtif dans la salle d’attente où plus d’une dizaine d’hommes et de femmes attendait qu’on les appelle pour recevoir à leur tour leurs traitements. Je me suis demandée bêtement : « pourquoi eux !? » Puis j’ai filé vers la sortie.

 Odette...

Sur le chemin du retour je suis passée devant le café d’Odette. Mais Odette n’est plus là. Odette a pris sa retraite. Ayé ! Elle est partie en Bretagne, vivre au bord de la mer, avec Jacky son mari.
Etre là, devant son vieux zinc tout en travaux m’a fait monter les larmes aux yeux. Pendant des années, quand j'habitais le 5e arrondissement, j'ai pris mon grand crème chez elle. Au comptoir.  
Odette avait le double des clefs de mon appartement. Odette et moi nous étions liées.


 
avant...                                          après...
 puisque c'est comme ça j'irai voir Odette en Bretagne...

La vie est faite de tranches
des tranches de vie
Il y avant
Il y a après
Il y a aussi pendant
mais ca va trop vite

Odette est partie en Bretagne
Odette me manque


Ce matin j’ai aussi reçu un SMS d’Amélia.
Amélia et moi avons partagé la même chambre à Curie quand je me suis faite opérer du sein au mois de mars dernier.
Agent commerciale à RATP, elle a monté une association pour les personnes, comme elle, atteintes d’un cancer à la RATP. Elle y donne tout un tas d’infos pratiques et utiles.
Sacré bout de bonne femme.


Tiens je vous livre au passage une photo de Radio Curie prise à la volée dans le hall de l’Institut.
L’animatrice est dans sa petite cahute du matin au soir. Elle reçoit tous les spécialistes du cancer du sein et pose des questions pertinentes. C’est vraiment bien cette idée de radio éphémère.

on ne voit pas bien
 mais il y a bien des micros derrière la vitre...


Allez c’est le début du week end. J’va faire un bon gâteau au chocolat. Et aussi des bijoux. Ah oui, je vous raconterai, je me suis lancée dans des créations de bijoux fantaisie.

 
mes toutes premières créations...

Enfiler des perles m’occupe les mains et me vide la tête. Très bon pour ce que j’ai.

Et vous ? Des projets ?

Des bizz d’Issy…

CC



Ps : aux dernières nouvelles Mme P. n’allait pas fort. J’espère qu’elle va mieux depuis.

Ps2 : aux dernières nouvelles Tango2Alpha faisait un aller-retour « Paris / Le Touquet » en avion de tourisme. S’il vole c’est qu’il va bien.

Il vole toujours et encore...

mardi 9 octobre 2012

Ma vie de château !!!


Tout ce que je vais vous raconter ce soir s’est passé samedi dernier.
L’histoire est un peu intime mais je ne vous dirai pas tout.

photo du chéri vue du ciel….


Samedi midi mon Chéri et moi quittons Paris pour un week end sur les bords de Loire. En amoureux.

Nous arrivons en Touraine dans l’après midi, sous la pluie. Là, j’ai réservé une nuit d’hôtel dans un joli château planté au beau milieu d’un parc, espérant m’y promener avec mon chéri à pied, à vélo, main dans la main. Mais il pleut vraiment.

Nous montons alors par un large escalier dans notre chambre située au 1er étage de l’aile droite, tout au bout d’un long corridor. Nous regardons la campagne par les deux grandes fenêtres. Puis nous bullons. Heureux d’avoir du temps libre.

Pour me faire belle
avant d’aller diner
je prends un long un bain

je me maquille
je me parfume
je mets un foulard sympa sur ma tête
je porte un pull en cachemire
je porte un collier ras de cou avec des minuscules perles noires
je porte une jolie bague à la main droite
je porte un bracelet liberty à la main gauche (très à la mode chez les bobos...)

Après tout ça,
Je me regarde dans la glace

Sans doute parce que la lumière est douce
je ne me trouve pas trop mal
pas trop moche, même assez jolie

Je quitte la salle de bain. Confiante.
(les femmes comprendront...)

Mon Chéri et moi partons diner à quelques kilomètres de là dans un autre château. La nuit est tombée. Il fait très noir. Je monte dans la voiture avec le sentiment d’être une très jolie princesse dans son carrosse. Non, plutôt une belle pépé avec son jules dans les années 60… Ou une meuf branchée avec son keum dans les années 2000…

Les phares de la voiture éclairent loin dans l’allée bordée de grands arbres. Mon chéri a l’air fier. Heureux.

J’ai réservé une table au coin du feu ( je dis « je » car c’est moi qui lui ai fait toutes ces surprises pour des raisons que je garderai privées).

Nous arrivons au château. Une jeune femme (blonde) nous accueille et nous place pas loin de la cheminée. Un maître d’hôtel nous tend la carte puis allume une bougie posée sur la nappe.

A la lueur de cette petite flamme je me sens encore plus belle et je trouve mon chéri très beau. Je retrouve, me semble t-il,  des gestes ou plus exactement des manières oubliées depuis quelques mois. Des manières pour plaire. Des manières pour séduire. Des manières à moi.

A table, nous parlons, nous sourions, nous sommes…

(…)

Vient le dessert, le café, et nous rentrons…

Nous reprenons la grande allée qui mène au château. Il fait nuit noire. Nous remontons à la chambre dans l’aile droite par le large escalier.
Je suis une jolie princesse. Une belle pépé. Une super meuf… 

(…)

Nous sommes dans la chambre

(…)

Je retourne dans la salle de bain
Je me démaquille
Je me brosse les dents
J’ôte mon foulard

J'interroge le miroir,
miroir mon beau miroir...

Ca l’fait pas !
Mes cheveux, j’veux dire, ça l’fait pas...

Je ne suis pas une jolie princesse aux cheveux blonds, une belle pépé aux boucles brunes, une meuf aux tifs rouges…
Non, je ressemble plutôt à un bébé de trois mois avec quelques cheveux fins et doux dressés sur la tête par endroit, mais aussi, à un type de quarante ans qui commence à se dégarnir (les hommes comprendront. Pas tous...).

Mon oncologue me l’a bien dit lors de ma dernière consultation à Curie « vous avez une repousse lente ! Mais ca va revenir ne vous inquiétez pas… ».  En clair, il y a des endroits sur ma tête où j’ai des cheveux longs de trois centimètres, d’autres où ils sont longs d’un centimètre comme les militaires, d’autres ou ils percent et piquent comme une barbe de trois jours, d’autres enfin où il n’y a rien…

Déconfite, je sors de la salle de bain.
Je retrouve mon chéri. Moins confiante.
(les femmes comprendront...)


Mon chéri me serre dans ses bras et me dit  « Oh ! revoilà mon petit oisillon tombé du nid »

(…)

La jolie princesse s’est donc transformée en un oisillon. Je suis un petit un oisillon tombé du 
nid :-((( 

(…)

Oh ! Hé ! Les fées, si vous m’entendez…
Si vous voulez bien vous pencher sur mon grand berceau avec la couette Ikéa…

J’veux des cheveux !
J’veux des cheveux pour Noël
J’veux des cheveux pour être belle
Belle comme une PRINCESSE !!!

(…)

CC


Ps 1 : Demain je participerai, en direct, à une table ronde sur Radio Curie ayant pour thème « l’accompagnement psychologique ». L’émission comme toutes les précédentes est disponible en podcast.

Ps 2 : Tout le monde me demande des nouvelles de Mme P. Je vais aux nouvelles…

Ps 3 : On me demande aussi des nouvelles de Tango2Alpha. Je vais aux nouvelles....

mercredi 3 octobre 2012

Radio Curie !




L’institut Curie, là où je suis soignée, vient de lancer une radio éphémère sur le web.  Son nom :  Radio Curie !

A tour du de rôle, du 1er au 31 octobre, à l’occasion d’Octobre rose, le mois de la sensibilisation au cancer du sein, médecins, chercheurs, experts, patients et proches, parlent de la maladie. Informent. Expliquent. Racontent. Rassurent...

« c’est mon histoire... »

Des femmes atteintes d’un cancer du sein témoignent chaque jour dans la rubrique « c’est mon histoire ». Interviewée il y a quelques semaines par téléphone, j'y témoigne aussi.

Je témoigne également sur le site d’Etincelle, l’association qui apporte son soutien hors hôpital à des femmes touchées par cette maladie.

Je témoigne beaucoup

Je témoigne pour garder une trace

Je témoigne pour comprendre

Je témoigne pour les autres

Je témoigne grâce aux autres

Je témoigne en m’étonnant encore d’avoir été atteinte par cette maladie

Je témoigne avec ma voix

Je témoigne avec ma perruque

Je témoigne de quelque chose qui n’a rien à voir avec moi. Je ne suis pas un cancer. Le cancer n’est pas moi. C’est un corps étranger. Ni plus, ni moins. Il faut l’ôter. Il faut qu’il parte. Qu’il s’en aille. Au diable. A Pétaouchnock, je m’en moque. Je lutterai contre lui. Toujours.

Merci aux chercheurs, merci aux soignants, merci à Curie, merci à Amélie (la directrice d’Etincelle), merci à tous ceux qui se soucient de nous et déploient talents et énergies pour nous sauver de la noyade  et nous soutenir dans cette traversée. 

Bientôt j'aurai passé le cap.

Merci à ma fille
Merci à mon Chéri

Que votre nuit soit douce...
Et aussi étoilée..

CC

Pour écouter Radio Curie...
Si vous voulez m’écouter en podcast sur Radio Curie,  tapez « Caroline » dans le moteur de recherche.

Pour en savoir plus sur le travail d'Etincelle...


dimanche 23 septembre 2012

Méli-mélo de sentiments sucrés salés…


en balade près de chez moi...


J’ai des jours heureux
J’ai des jours chagrins
J’ai des jours tendresses
J’ai des jours câlins

J’ai des jours où j’ai froid
J’ai des jours où j’ai chaud

J’ai des jours avec
J’ai des jours sans

Il y a des jours où j’ai peur
Il y en a d’autres où j’ai des ailes dans le dos
Le vent me porte et je vais loin

Il y a des jours où j’ai envie
Il y en a d’autres où je n’ai pas envie

Envie de travailler. Envie de me promener. Envie de sortir. Envie de rire. Envie de cuisiner. Envie de parler. Envie de me prélasser. Envie de soleil... 

EN VIE… 

Finalement je redeviens un peu « comme tout le monde ». Je sors chaque jour un peu plus des griffes de la maladie. Je vois le jour. Le bout du tunnel.
Je sens la lumière sur ma peau. Il y a un peu de couleurs sur mes joues. J’étais très blanche l’hiver dernier.

Mes cheveux sont encore très courts et il en manque par endroit. Je dois couvrir ma tête avec un foulard pour sortir. Avec les pluies d’automne et le vent c’est moins pratique. Ca ne me plait pas beaucoup. Je ne me plais pas beaucoup.
J’aimerais redevenir comme avant. Tout de suite maintenant.

Ca viendra.
Dans deux ou trois mois.

J’ai envie de faire la fête. D’avoir les cheveux longs !! De danser un rock’n’roll sur les quais, près d’un joli voilier. 
De boire un thé à la menthe sur la terrasse d'un riad, à Essaouira.
D'être blonde.

J’ai envie de voyager. Partout. Même sur la Lune.

J’ai envie d’aller me balader avec mon Chéri. Tout de suite maintenant.

Et ça… Vous savez quoi ?

Je vais le faire !!

Tout de suite maintenant !!

J’ai des jours heureux,  etc…

CC


jeudi 6 septembre 2012

J’adore ce temps !!


le kiosque d'Issy les Mlx...


Instantané.

Issy les Moulineaux, 9h.

J’adore ce temps. Ni trop chaud ni trop froid. Un ciel bleu. De l’air.
J’ai envie d’aller partout. De faire du vélo. D’aller voir la mer.

Après avoir accompagné ma fille à l’école je me suis rendue sur la place du marché où j’ai acheté 2 kilos d’oranges à jus. Et aussi Libé (le journal).

Il y a deux places « du marché » à Issy les Moulineaux. Celle qui est tout à côté de chez moi, et l’autre, à 10 minutes à pied, où je vais souvent. Je m’y sens bien.

Tous les magasins - la librairie, le Bricolex, le marchand de chaussures - ne sont pas encore ouverts mais les commerçants balayent déjà devant leurs portes ou discutent entre eux.
Ils ont l’air plutôt heureux. Sûr, le soleil n’y pas pour rien.

Au milieu de la place, la bouche de métro avale régulièrement des dizaines de piétons. Elle en recrache tout autant.

Il fait trop beau pour rentrer chez moi. Je marche un peu.

Je m’imagine à vélo sur un chemin de halage avec mon chéri le long de la Loire.

J’adore ce temps. Vraiment.

Je décide de prendre un café en terrasse. J’ai une veste en jeans qui me couvre bien. L’air est encore un peu mordant.

J’ouvre Libé. Je lis les titres, parcours les articles et m’arrête page 5 où il est question d’une petite ville tourmentée par le chômage aux Etats-Unis. Un encadré dans un dossier spécial « Obama ». Je lis cet article entièrement. Bien que le ne sujet soit léger j’y trouve un vrai plaisir. J’ai l’impression de m’évader, de voyager, d’être connectée au monde. Je trouve le récit de la journaliste très bon.

page 5 dans Libé...

Je repars un quart d'heure plus tard.
Je repense à hier.
A ma journée.
A ma soirée d’anniversaire.
A tous les messages de mes amis.
A Facebook où je me suis rendue (j’y vais presque plus) pour lire certains d’entre eux.

J’adore ce temps. J’adore ce matin.

CC

Ps : Demain matin je retournerai à Curie en mode chimio. Plus que 4 petites cures et mon traitement vraiment sera terminé. Ca me mène fin novembre.

mardi 4 septembre 2012

Coucou c’est moi !!






Ayé ! C’est la rentrée ! 

Comme des milliers de mamans (et quelques papas) j’ai accompagné ma fille à l’école ce matin.
Comme des milliers de mamans (et tous les papas) j’ai regardé la nouvelle maitresse de ma fille de haut en bas : son allure, sa taille, son âge, son regard, son sourire… « Quel rôle cette femme va t-elle va jouer dans la vie de mon enfant ? Comment cette nouvelle année va t-elle se passer ? »
Comme des milliers de mamans (et tous les papas) je me suis assurée que ma fille retrouvait bien ses amis.
Comme des milliers de mamans j’ai embrassé ma fille sur la joue avant de quitter l’école.

Ensuite tout était différent.

Papas et mamans se sont dispersés très rapidement. Les uns se sont engouffrés dans le métro. D’autres se sont enfuient au volant de leur voiture. Même à pied, tous semblaient filer rapidement…

Moi je n’étais pas pressée.

Comme il faisait beau je me suis rendue sur la place du marché. Là j’ai erré un peu. J’ai acheté un journal au kiosque puis je me suis assisse au café de Paris où j’ai commandé un jus d’orange pressé.

Là, dans un rayon de soleil,  je me suis souvenue.

L’an dernier à la même époque j’accompagnais ma fille à l’école pour sa rentrée en CE2.
J’étais émue et pressée.
J’avais les cheveux longs.
Je rentrais de vacances.
J’étais en pleine forme.
J’avais plein de projets.
Je n’imaginais pas une seule seconde que tout allait vaciller rapidement.

Je vais mieux.

Oui je vais mieux. Les vacances, car je m’en suis allée promener, ont été bonnes. Je dirai même plus : les vacances ont été très bonnes.

Demain j’ai 48 ans.
Je suis fière de moi.

Quand j’ai appris ma maladie, il y 11 mois maintenant, en octobre dernier, j’avoue, j’ai eu très peur.
Peur pour moi. Peur pour ma fille. Peur pour mon chéri. Peur de mourir évidemment.
Et puis je ne comprenais rien à ce qui m’arrivait. Tout allait trop vite. L’annonce de la maladie, les examens complémentaires, le début des traitements, l’arrêt de travail… En moins d’une seconde j’avais basculé dans un autre monde. Je devais m’adapter. Je n'avais pas le choix. 

Je suis fière de moi (bis).

Je suis fière de moi car j’ai tenu. J’ai tenu une sorte de cap dans la tempête que je vous ai décrite, à ma façon, dans les précédents billets de ce blog.
J’ai tenu sans chercher à trop résister. J’ai tenu avec les moyens du bords. La chimio surtout.
J’ai laissé faire les soignants. Ils ont tout décidé. Plan de traitement, dose, opération, rayons…   

Le cancer un ovni.

Ce cancer est arrivé dans ma vie à la vitesse de l’éclair. Il s’est dressé devant moi, m’a barré la route, comme ça, sans prévenir.
Comme une boule lâchée dans un jeu de quille il a tout bousculé : mon emploi du temps, ma façon de vivre, ma façon de penser, ma façon de voir aussi.
  
Les médecins ont ôté la maladie.

Quelques mois après les premiers traitements les médecins m’ont dit que les nouvelles étaient bonnes. J’étais en rémission complète. « On a ôté la maladie », comme m’a assuré l’un d’entre eux. Maintenant on fait en sorte qu’elle ne revienne jamais, plus jamais. C’est pour cela que mon traitement dit "lourd"  continue jusque fin novembre.
En cancérologie il n’y a aucune certitude. On va vers les bonnes ou les mauvaises nouvelles. Jusqu’à présent je suis allée vers les bonnes. Une chance.

Je suis fière de moi. Je suis aussi fière de mon chéri et de ma fille.
Sans eux je ne sais pas si j’aurais trouvé la force de « survivre » une seconde fois. Car oui j’ai déjà éprouvé ce sentiment. La peur de mourir. J’avais 7 ans. J’étais une enfant. Un accident de voiture qui a tout foutu en l’air. La vie de mes parents. La mienne sans eux. 
Nous étions trois dans la voiture ; je suis la seule a avoir survécu. 

Mon cancer m’a rappelé cet accident. Absurde.

Dans cette nouvelle tempête, ma fille et mon chéri sont restés eux-mêmes. Naturels, calmes, vivants, présents. Infiniment présents. Infiniment vivants. Ils n’ont pas fermé les yeux. Ils n’ont pas fait semblant. Ils n’ont pas fuient. Ils ont toujours été là. Je me suis sentie aimée et j’ai continué à aimer.
  
Je n’ai pas travaillé depuis 10 mois mais j’ai beaucoup appris.

J’ai appris, j’ai grandi et j’ai beaucoup pensé.
Je suis plus forte et aussi plus fragile.
Je suis plus calme et plus sereine.
J’ai déplacé le curseur sur mon échelle de mes valeurs.
Certaines choses comptent davantage, d’autres moins.
Et c’est bien comme ça.

Ce matin devant l’école de ma fille, personne, si je n’avais pas les cheveux très courts (oui j'ai viré ma perruque cet été, trop chaud) et encore un foulard dans les cheveux, n’aurait pu se douter que j’avais passé une année si « particulière ».

J’avais l’air en pleine forme. J’étais en pleine forme.

La vie est ainsi. Faite de séquences.

Le film continue.

Bonne rentrée !

CC

Ps : je suis aussi très fière de mes amis et de mes cousins.